Journal d'une conteuse


Cette page sera celle du JOURNAL. J'y parlerai du CONTE en général, des pratiques de l'Art de Conter, d'expériences en bibliothèques ou dans les écoles, de spectacles ou de livres. J'y ajouterai quelques photos et commentaires sur des spectacles donnés en divers lieux...


N'afficher que les 5 dernières entrées du journal

Böd khawachen Le pays des neiges Contes du Tibet

Vendredi 8 Janvier 2010

Le 30 décembre au musée de Bourg d\\\'Oisans ( 38) des contes du Tibet, accompagnés au hang, pour public familial. Un moine tibétain a béni la séance de contes : un moment d\\\'intense émotion...

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Festival du Livre et des Lettres La Tour d\\\\\\\\\\\\\\\'Auvergne

Jeudi 27 Août 2009

Un festival consacré à l Asie: exposants, artisans et globe trotters se sont donnés rendez vous à La tour d Auvergne. organisé par la médiathèque de Sancy Artense. contes de dragon et ateliers de calligraphie ...

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Lecture en kimono Lire en fête Oct 08 Lamastre ( 07)

Mardi 30 Juin 2009

Une belle journée à l\\\'heure du japon et des origamis... Le vol de la grue a plané longtemps dans les coeurs, les chants japonais ont ému les enfants autant que les vieux ardéchois. On a plié beaucoup de grues et de lotus, symboles de paix.

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Journée du commerce équitable Cluses ( 74)

Dimanche 28 Juin 2009

Du soleil à Cluses. Exposants sous et hors chapiteau. Un repas équitable qui a rassemblé à midi artistes, conférenciers, exposants et visiteurs: une journée aux couleurs du monde.

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Contes du japon à Amilly ( Loiret)

Mardi 17 Février 2009

Une expo japon très sympa. mangas, haïkus et contes...

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Contes & comptines comme en Chine

Jeudi 28 Août 2008

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Contes à l’hôpital/ Festival des Arts du Récit Mai 08

Jeudi 26 Juin 2008

Emmener des enfants de l’hôpital Ailleurs , tout en les faisant réfléchir au monde d’aujourd’hui. Paroles de toujours, chansons et rythmes des lointains… » Couleurs du monde » et autres conteries spontanées. Quelque chose est passé : rêve ? Chaleur ? Souffle ? Chacun peut y poser le mot qu’il veut… Hélène Poncet du Centre des Arts du Récit et bien d’autres conteurs venus des 4 coins de France ont égrené leurs contes en milieu hospitalier pendant le festival.

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Arbres voyageurs Contes & musique journées des Jardins de France Vizil

Mardi 24 Juin 2008

Les 30 et 31 mai, le 1° Juin les jardins de France ont fêté chacun à sa manière les « Arbres voyageurs ». Je fus du voyage les 3 jours durant , avec Pascale Seigle violoniste et Olivier Geay au violon accordéon et percussions, entre catalpa, cèdre du Liban, platanes d’Orient, if d’Irlande, prunus d’Asie, tulipier de Virginie, bouleau d’Amérique du Nord., dans le magnifique Jardin du château de Vizille ( où est née la révolution française !)Contes, recettes de bonne femme, anecdotes botaniques, chants et musiques venues d’Ailleurs ont accompagné les pas des voyageurs autour du lac : une heure trente de balade contée inhabituelle très dépaysante et pourtant on était à Vizille en Isère…

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« [Bambous] » Festival des Arts du Récit en Isère Mai 08

Dimanche 22 Juin 2008

» Maison de quartier Romain Rolland St Martin d’Hères Mai 08 Festival des Arts du Récit en Isère La force du Bambou était présente, incarnée , force invisible reliant conteuse et auditoire ce soir là . Dans l’énergie de la Parole, et la force de l’écoute., ce merveilleux cadeau que m’ont fait petits et grands adhérant au monde onirique de grand mère Brousse ( Ba dung Ba daï) et de Diung l’oiseleur , les mirages de la fille-bambou et tous les sortilèges de la forêt indochinoise. Chants du bambou en Vietnamien et Japonais, frappés de bambou pour un monde rafraîchissant comme un éden d’humanité … La poésie a fait le reste : on a tellement besoin d’y croire… A tous ceux qui m’ont demandé quand et où ils pourront de nouveau se perdre (pour mieux se retrouver) dans cet univers onirique, je réponds que je ne sais pas encore. Pho Yang !Tout tient au bout de ma langue, ne restent que les occasions de dire. Mais le conte –forêt « Chasseurs de rêves » se plante graine à graine , d’arbre en arbre, et nos chemins de nouveau se croiseront. Qu’ils gardent à l’oreille ce premier chant, et d’autres s’ouvriront … HP.

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FNAC Grand Place ( Echirolles/ 38) Festival des Arts du Récit Mai 08

Jeudi 19 Juin 2008

« Conteurs amoureux » quand chaque récit entretient une histoire avec celui qui la raconte : des rendez vous de Conteurs entre midi et deux… Un auditoire varié adultes et quelques enfants, amateurs éclairés et simples curieux , histoire de dire et d’écouter … L’amour des mots et le hasard des contes, raconter comme on parle, et parler comme on raconte : n’est-ce pas cela un conteur ? Donc entre quelques extraits de ma dernière création « Fugue en mode mineur » et une causette « littéraire » (oserons nous le mot ?) 1001 histoires d’amour et de désamour se sont dites et dédites , mais en fin de conte que reste-t-il du silence en marge ?

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Destination Japon à Poitiers...

Mardi 20 Mai 2008

Poitiers : Médiathèques François Mitterrand et de la Blaiserie. Un superbe accueil. Pour 2 contes du Japon « Le jardin des 4 Lunes » et « Le vol de la grue » . Plus les ateliers d’origamis toujours très conviviaux. Une belle expo « Destination Japon ». Décidément l’étrangeté nipponne n’a pas fini de nous séduire : mélange de zen et de poésie… 23 Avril 2008

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Boulogne sur –Mer le « Printemps des Contes »

Mardi 6 Mai 2008

Le 1° Avril j’étais à Boulogne sur –Mer , et ce n’était pas un poisson d’Avril , mais pour le « Printemps des Contes » , festival dont le thème était « Le métissage ». Dans la salle de spectacle de « La Faïencerie » se sont donc déroulés « Lunes » et « Bercerêves » , 2 spectacles de conte en chansons du monde pour les tout-petits et les un peu plus grands… Beaucoup de bonheur dans leurs yeux, mais il faut dire un grand merci aux techniciens qui ont fait des merveilles. Bravo les ch’tis, ch’techniciens le café était bon et l’ambiance sympathique et très pro., vraiment !

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Conte pour la paix. Joué Lès Tours / Festival « Bruissements d’ elles

Samedi 29 Mars 2008

Conte pour la paix. Joué Lès Tours / Festival « Bruissements d’ elles » La Touraine, quelle belle région ! Et quelle magnifique médiathèque ! Le 15 mars 08, un Conte aux couleurs des 5 continents a déployé ses ailes dans la salle de spectacles ronde comme le cercle de la parole. Bruissement d’Ailes : oiseaux de papier japonais pliés à la mémoire de la petite Sadako victime d’Hiroshima : la blanche colombe pour l’Europe, le rouge colibri pour l’Amérique , l’oiseau bleu buvant à la fontaine du Pacifique pour l’océanie, la grue jaune prenant son envol pour l’Asie, la grue noire s’envolant de l’Afrique… plus un oiseau de la paix sorti d’un livre d’or pour la planète entière. Une semaine consacrée au thème de la paix, des livres de Gandhi et de Martin Luther King, Lanza del Vasto et bien d’autres… et une expo. Tout cela au milieu des évènements du Tibet , une goutte d’eau sur la fournaise du monde, comme dans le conte du colibri….Sur tes ailes j\\\'écrirai la paix

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Contes de Chine

Vendredi 29 Février 2008

CONTES de CHINE pour enfants « Le doigt qui montre la lune » Contes poésie, calligraphie et arts du cirque mêlés pour raconter la Chine aux enfants. Une sensibilisation à la culture chinoise dès le plus jeune âge avec chansons et comptines en langue chinoise, une danse du dragon et des lunes qui voltigent dans le ciel. Hélène Phung nous emmène avec bonheur dans l’imaginaire chinois. Les enfants de l’école de Chavanoz ont eu le bonheur d’admirer ce spectacle au « Petit théâtre ». Puis une journée d’atelier d’origamis et d’expression corporelle , qui s’est terminée autour du bol cracheur chinois. Un spectacle d’enfants plein de « chinoiseries » est en préparation, paraît-il…

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Journée Japon, bibilothèque ST Eloi, Paris ( 12°)

Jeudi 10 Janvier 2008

Une expo japon à la bibliothèque St Eloi dans le 12°) arrondissement. Le matin « Contes et comptines pour bébés japonais», chansons et comptines en langue japonaise, et quelques origamis d’escargot et de renard( Kitsune), au plus grand bonheur des petits…. et des parents étonnés d’entendre leur progéniture répéter « katatsumuri » en faisant les cornes ! L’après midi « La Yama ouba » contes facétieux du nord de l’île dans la tradition d’une verve remplie d’onomatopées, enfants, ados et adultes retrouvant l’ambiance des mangas nippons… Entre les 2 une séance d’origami. A midi, pour ne pas déroger, bien entendu conteuse et bibliothécaires se sont retrouvés dans un resto asiatique. Ce fut une joiurnée plus japonaise que parisienne, avec le sourire, bien sûr : niko, niko….

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Contes de Noël en Origami : Nevers décembre 07 . « Etoiles de papier

Mercredi 12 Décembre 2007

Dans la « grotte » de la bibliothèque de Nevers, étonnant lieu, avec son immense structure vitrée, auquel François Mitterrand fit don des livres de sa propre bibliothèque ( on est dans la Nièvre, non loin de Château-Chinon), j’ai eu le bonheur de plier une quinzaine d’origamis d’étoiles, de lutins, d’oiseaux et de pères noël en racontant… 1 conte indien que j’ai récupéré à ma façon , puisque l’étoile subit plusieurs métamorphoses avant de devenir une fleur. 1 autre que j’ai trouvé dans une revue enfantine et dont j’ai repris l’idée maîtresse en le nourrissant du souvenir mes propres comptines d’enfance et que j’ai situé chez une petite fille faisant partie du monde des SDF. Car même si noël frappe à notre porte, nous ne pouvons oublier que petites et grandes misères sont là, toutes proches….Le lien entre les 2 contes ? L’étoile, symbole d ‘espoir…. Puis un atelier d’origamis pour retrouver ce public chaleureux et partager un instant de rêve avec lui ( et d’application ! ! !) Le lendemain, nous avons parcouru la Nièvre et le Morvan, après une visite à La Charité-sur-Loire. C’est vrai, ça donne envie de revenir aux beaux jours…

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Contes du Japon à St Claude ( Jura).

Mercredi 21 Novembre 2007

Dans le cadre d’une belle expo sur le Japon & l’origami , orchestrée par la bibliothèque , 2 spectacles de contes suivis d’ateliers d’origami. Vendredi soir : « Le vol de la grue» conte en origami accompagné de chants de tradition nipponne, en tout public. Samedi après midi : « La yama ouba » contes facétieux bourrés d’onomatopées en japonais, dans une ambiance de manga que les enfants ont reconnue et suivie d’emblée. Pour un public plutôt familial. Malgré les premières neiges , les habitants de St Claude sont venus. Certains sont même restés tard le soir plier des grues et des papillons. « C’est mieux que de rester devant sa télé, a déclaré le monsieur des postes , en tout cas, je suis un fan du Japon ! » L’expo a connu un vif succès, autant chez les adultes que chez les enfants, très curieux de cet étrange pays qu’est le Japon « entre traditions et modernité » . Les bibliothécaires de cette petite médiathèque peuvent s’en féliciter . En tout cas, l’accueil fut des plus chaleureux. Froid dehors, chaud dans les cœurs : c’est le Jura !

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Atelier d’origami médiathèque de St Claude ( Jura)

Mardi 20 Novembre 2007

2 ateliers : l’un le vendredi soir, juste après le spectacle « Le vol de la grue », l’autre le samedi matin, avant celui de « La yama ouba ». La plupart n’avaient jamais plié, d’autres étaient déjà mordus. Des grues, des papillons, de petites japonaises dans des papiers d’or et de couleur, des étoiles et des lotus comme dans le conte, mais aussi quelques lutins de noël pour la déco. Quoique un arbre de noël couvert de grues blanches, c’est quelque chose ! Un moment qui fut aussi l’occasion de bavarder ( je ne manque jamais une occasion, ceux qui me connaissent le savent …) en tout cas de raconter combien en Asie papier et oralité sont liés, pourquoi la grue reste un symbole aussi vif encore à l’heure actuelle dans la société nipponne, comment les monstres d’autrefois ont inspiré les mangas actuels… Bref, j’aime bien quand l’échange se poursuit hors scène, dans la vie tout simplement. Et l’origami peut être ce moment de détente et de partage… Je salue amicalement tous ceux qui ces jours là ont su faire marcher aussi bien leurs oreilles que leurs doigts… Je leur souhaite de continuer à plier le papier au gré de leurs rêves !

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Semaine culturelle vietnamienne à Montreuil ( 95)

Lundi 12 Novembre 2007

Tout un programme : musique ( avec Nguyên Lê) , débats géo-politiques, cinéma et danse . Le conte avait aussi sa place , et largement, puisque chacune des 4 bibliothèques de la ville m’a chaleureusement accueillie. C’est ainsi que je contais « Dragons » à la bibliothèque Renoult , de la mythologie viet plus une danse du dragon sur le peu d’espace dont je disposais. Exiguë, oui, mais avec un cœur grand comme ça , dans une ambiance que j’avais déjà appréciée en juin pour d’autres contes du Vietnam. A la bibliothèque Robert Desnos , je suis arrivée avec mon collier de « Perles de dragon » , dont les enfants ont minutieusement choisi chaque perle de contes. Et c’est une petite « Rubis » , le rouge aux joues, toute de rose vêtue , qui tira la perle des perles : l’histoire de Bom le petit indochinois ( une comptine du Nord que j’ai transformé en histoire) une réalité comme ça, ça ne s’invente pas … « Con coc » le crapaud faiseur de pluie, conté, chanté, dansé, à la bibliothèque Fabien, pour ravir les oreilles mais aussi les yeux des tout-petits, très accompagnés de parents attentifs, qui ont participé à la berceuse du « hamac de bambou » en vietnamien… Enfin « Chasseurs de tigres» à Eluard, dans un décor sobre, ponctué de frappés de bambou, en musique comme dans une jungle indochinoise, on s’y serait cru … Je salue l’effort des bibliothécaires de la ville qui ont ouvert un fonds vietnamien : romans, documentaires en langue vietnamienne, et catalogue bilingue , disques … Je ne regrette qu’une chose : pas un seul vietnamien en vue , seulement un petit garçon adopté . A la prochaine rencontre, j’espère…

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Couleurs du monde: contes de métisse...

Jeudi 8 Novembre 2007

« Couleurs du monde » des contes métissés. Des 5 continents comme les 5 doigts de la main , 1 seul voyage : celui du cœur ! Tout cela dans la chaleur d’un tout public tout ouïes, à la médiathèque de Faverges ( Haute Savoie). On a chanté dans toutes les langues du Monde : japonais, arménien, roumain, congolais, vietnamien, portugais, brésilien, parlé l’anglais, le russe , l’italien , avec l’accent chinois ou africain, et c’était pour dire une seule chose : que toutes les langues du monde racontent si bien l’Homme !…On est passé par toutes les couleurs du vert, au noir, au blanc, au jaune, pour finir dans un arc en ciel de bonne humeur . Enfin, on a dansé sur « Café au lait, mélangé, mélangé » . Quand je dis « on » c’est parce qu’un conte ça se crée à plusieurs , à tous, ça se raconte chargé des voix de chacun , dans un imaginaire partagé. Bref, on s’est sentis comme une grande famille. Pas besoin de test ADN pour ressentir ça. Pour savoir que la notion de famille ça ne se mesure pas… Hélène PHUNG métisse de cœur . Je raconte aussi « Bercerêves, contes et berceuses du monde » pour les tout petits « Jeux de doigts jeux du monde » , « Sur tes ailes j’ écrirai la paix » , autant de messages d’amour aux petits ( et grands) terriens. Naïveté assumée !

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« Le héros aux 1001 visages » J. Campbel ( R.obert Laffont)

Mercredi 19 Septembre 2007

A travers 1001 exemples issus de mythologies du monde entier, Campbel nous invite à une exploration méthodique et ouverte du fantastique héritage des mythes, contes et légendes,accumulé par l\\\'humanité depuis des siècles. Derrière les 1001 visages du héros (des mythologies grecque, égyptienne, finlandaise, sumérienne, navajo, chinoise, indienne, japonaise, mélanésienne etc…) se devinent les traits fondamentaux de l’aventure humaine qui témoignent d’une secrète permanence. Parmi les clefs : la psychanalyse et les méthodes d’inspiration jungienne ouvrant des passerelles entre la « mythologie primitive » et l’expérience onirique de l’homme moderne, mais l’auteur pressent au-delà de cette interprétation , l’englobant et la dépassant , une ouverture échappant à toute explication purement rationnelle, ou rationalisante . « Il n’existe pas de clef absolue pour l’interprétation des mythes, et il n’en n’existera jamais. » On peut comparer la mythologie au Dieu Protée lui-même, « dont la parole est vérité », mais ce Dieu peut prendre toutes les formes vivant sur terre, dans l’eau ou dans le feu. Il reste insaisissable. Et l’homme qui veut par lui être enseigné doit le chercher et le tenir sans relâche et jamais ce Dieu rusé ne dévoile tout le contenu de sa sagesse, tout juste répondra-t-il à la question posée, et ce qu’il révèle est à la mesure de la pertinence de la question. Aussi Campbel laisse- t-il le sens propre du langage mythique émerger de lui-même à partir des nombreux exemples cités. Au lecteur de s’initier à la grammaire des symboles et de deviner, derrière les masques multiples la présence du héros unique, archétype de tous les mythes… « Une est la Vérité, nombreux sont les noms que lui donnent les sages .» « Les Védas » Hélène PHUNG - Journal d’une conteuse- Un livre hérité d’une amie conteuse perdue de vue , relu avec bonheur ces jours ci pour amadouer le stress de la rentrée…

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CONTEUSE ( semeuse de cailloux dans la « Forêt des Contes ».

Vendredi 14 Septembre 2007

Conteur, on ne le devient pas du jour au lendemain, on ne le décide pas. C’est un chemin de vie que l’on prend pour longtemps, souvent pour toujours. Avec des chemins de traverse, des voies détournées, des ornières dans lesquelles ne pas tomber. En tout cas c’est une marche vers quelque chose : une liberté. Voilà pourquoi j’ai intitulé mes stages «Chemins du conte». Il y a plein de voies (de voix) pour arriver au conte. Et le chemin le plus beau n’est pas forcément le plus facile , la voie la plus féconde n’est pas obligatoirement une autoroute vous ouvrant tous les péages mais, qui l’eût cru, parfois un sentier ardu qu’on lâche par découragement, ou parce que tel le « Chaperon rouge » on s’est perdu, et voilà que tout à coup vos pieds le retrouvent, votre boussole se réactive : sur le chemin entre la Terre et le Ciel de nouveau la fleur des contes s’entrouvre et embaume votre passage terrestre. La « belle au bois dormant » s’est réveillée (entendre votre fonction créatrice). Alors, tel un « Petit Poucet », on voudrait semer des cailloux pour ne pas le perdre ( se perdre). Le chemin est si égaré dans la « Forêt des Contes » . Parfois par manque de sentier tracé, de carte, de GPS ! Parfois parce que trop de carrefours s’ouvrent à vous et les choix sont si difficiles entre 1001 façons de raconter ou de se prétendre conteur. Rassurez vous, moi qui me suis tant de fois fourvoyée, j’ai peu à peu appris à suivre mon intuition , me forgeant une philosophie zen et imparable : tous les chemins sont bons, et ceux de la perdition sont peut-être à long terme les plus féconds ( à condition bien sûr de ne pas s’entêter dans la dérive… et de redresser le cap). Mais comme les chemins de traverse, les fossés et les ornières nous apprennent la sinuosité , le louvoyage, la souplesse des méandres dont est constitué le monde et nous éloignent de la rigidité formelle ! Alors même si l’on se targue de pratiquer de la « littérature orale » , ne le faisons pas comme on marche, au pas, en suivant le droit chemin et les routes balisées, ni comme on écrit , en suivant les lignes et en respectant les marges , mais plutôt comme on danse, dans la liberté du souffle et du corps, à même l’espace si ténu soit il ,ou comme on chante: les pieds rivés à la Terre, la voix tournée vers le Ciel. Autrefois j’ai raconté cette vieille histoire africaine : Il était une fois un monde avec une seule route droite allant de la terre au Ciel, mais cette voie directe a disparu, Dieu dans sa colère l’ayant recroquevillée et démultipliée, afin que l’homme se perde et connaisse les affres de la perdition. Les chemins obscurs font désormais partie de sa condition... Raconter c’est peut-être dire tous ces chemins. J’ai aussi raconté cette histoire d’Asie : il était une fois un homme parti au Ciel chercher les contes, les musiques, les chants et les danses qui manquaient sur Terre. Mais tout s’est envolé, égaré entre la Terre et le Ciel. Lorsque, l’ inspiration aidant , l’artiste trouve soudain un air, une idée, un vers, c’est que l’espace d’un instant il a retrouvé ce Chemin direct. Géographiquement Afrique et Asie sont éloignés, symboliquement ces 2 contes se touchent. Le Conte est un chemin qui relie …. par la Voie ( voix) retrouvée! -Carnet de Route d’une Conteuse -Hélène PHUNG 14 Septembre- Ce que Jin Bi a ramené du ciel

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Contes du Japon

Jeudi 13 Septembre 2007

Un répertoire vaste et varié. Allant de la terre au Ciel. Comprendre : du « terre à terre » (ou du trivial), au surhumain (ou au divin). A l’image de Ama-no-uzume, déesse de la mythologie nipponne dont j’ai plaisir à raconter les divines exubérances et le « strip-tease céleste » qui provoqua le rire des esprits (kamis) et des démons (onis) peuplant l’univers puis le retour de la déesse du soleil Amaterasu. (Cf « Le miroir » contes réservés aux adultes). Trivialité des contes du folklore nippon, racontés dans la tradition avec force onomatopées, la particularité de la langue nipponne étant de faire la part belle au langage émotionnel qui ne passe pas par le mental, mais s’exprime de façon quasi intuitive (à la fois codée et soumise aux aléas de l’interprétation). Bref, une langue laissant une large part au caractère spontané de l’oralité et à l’interactivité des échanges… Un régal à l’oreille, même si on ne parle pas le japonais : le contexte aidant, on a vite fait de saisir le sens des onomatopées, et cette forme de captation directe des évènements est un pur plaisir ! C’est le « grommelot » du clown tel qu’il se pratique en occident … (Cf « La Yama Ouba », ou certains contes de « La chambre de la 13° Lune ») Et puis à l’opposé les contes zen, la poésie nipponne toute de grâce et de légèreté, ces silences suspendus, comme le blanc de la feuille, écrin de calligraphie, le dénuement des haïkus et la fragilité de l’homme au cœur des éléments… Un mot pour dire la beauté des cerisiers en fleur au printemps : « Sakura »...( Cf « Le vol de la grue », « Paroles de thé », « La voie des fleurs »). Avec en primeur la malice des koans zen… Tel est le Japon, celui d’hier et d’aujourd’hui : à mi chemin entre la Terre et le Ciel, un manga en noir et blanc, une légende sans fin…

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Année du Japon 2008

Jeudi 30 Août 2007

Des contes pour le fêter! Je propose un répertoire varié ouvert à différents publics ,depuis les tout-petits («Contes et comptines pour bébés japonais» avec chants et pliage d’un origami. Pour les enfants « Histoires de moineaux » (« Le moineau à la langue coupée », « l’orchestre des oiseaux » et « La plume dans le nombril » avec chants traditionnels enfantins et pliage de grues. Pour les ados « La Yama Ouba » contes facétieux du nord est du Japon, pleins d’onomatopées et dignes des mangas actuels. Enfin en tout public « Le vol de la grue » conte en origami ( 8 origamis exécutés le temps du conte) ponctué de chants japonais, « Paroles de thé » contes zen suivis d’une dégustation de thés japonais, « Bambous » contes et chants du bambou ( Japon, Vietnam), « Ikebana» contes de fleurs et d’arbres du japon, chants du bambou et du cerisier en fleurs, « Le Maître d’armes » contes des arts martiaux. Enfin, réservé aux adultes « Le miroir» contes d’amour et d’érotisme nippon traités avec humour ! A consommer comme les sushis : avec délicatesse et gourmandise … « Kabe ni mimi ari, shôji ni mi ari » (Les murs ont des oreilles) proverbe japonais…

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Un festival festif et estival : « Contes sous les bois » dans le Jura

Mardi 28 Août 2007

Pour la 2° année consécutive en fin juillet les bois du Haut-Jura s’animent de Contes pour petits et grands, d’ici et d’ailleurs, de balades contées, de contes en musique… Sous les bois : car c’est l’été et il faut profiter des belles forêts du Jura ! D’ici et d’ailleurs car même si on est bien dans cette région, on reste ouvert à d’autres cultures… L’initiative revient à Isabelle Fourdrin, jeune et dynamique, amoureuse de la Nature autant que du Conte et bien décidée à allier les plaisirs de la marche et du soleil à ceux de la belle langue et du spectacle ! Ainsi, des balades contées avec Bernard Doyon, conteur régional, nocturne avec l’association « Le jour qui vient », pour enfants avec F. Barré, ou gourmande à laquelle j’ai participé auprès de Michèle Rome, botaniste, ont été proposées dans divers lieux répartis entre les 4 villages de la Station. Guy Prunier et Flora Devis dans des contes merveilleux ou de l’Inde mystérieuse ont fait vibrer le jeune public. « Le violon dans l arbre » avec Pascale Seigle au violon pour la musique. Les « Chet Nuneta » pour le chant traditionnel (du Monde)… Voilà qui vous donne un petit goût de tout ce qui s’est déroulé en plein air sous les sapins et les bonnes odeurs d’épicéa. Quand à la dernière veillée contée, elle eut plutôt des relents de fondue jurassienne et de vin jaune du Jura. Avec B Doyon et Guy Prunier en impro ! Pour le plaisir de l’oralité dans tous les sens du terme. Photo : « Le violon dans l’arbre » sur scène pour cause d’intempérie… Mardi 24 Juillet

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Balade botanique et gourmande dans le Jura.

Mercredi 25 Juillet 2007

Le mercredi 25 juillet 07 , le temps fut au beau, nous avons bénéficié d’une accalmie providentielle entre 2 journées d’intempéries . Bref, notre balade botanique et gourmande a pu se dérouler au soleil et surtout en pleine nature .Nous avions limité le nombre de participants à une trentaine , et sommes partis à plus de 50 ! Une boucle de 2H 30 , à travers bois et prairies temps de contes et de reconnaissance des herbes comprises . Au départ un petit air de violon avec Pascale ( Vivaldi était bien sûr tout indiqué pour nous mettre dans un tempo botanique) et en route, derrière le « bâton de marche » à la sauce « Grand Albert » de la Conteuse et les pas menus de notre botaniste en herbe Michèle Rome . Au plaisir de reconnaître les plantes, par la vue, le toucher, l’odorat, et souvent le goût , s’est ajouté celui d’écouter un conte merveilleux de neige et de fleurs de berce… au milieu des grandes tiges laiteuses desdites fleurs de berce et celui de griffonner à la hâte la recette du tsarfion ( réalisé avec les feuilles de cette même plante) … Bref un bonheur complet pour les familles tous sens aux aguets au milieu des gentianes, fougères , alchemilles et autres merveilles de la riche flore jurassienne. Enfin, après un dernier conte régional sur le sureau une surprise : le goûter préparé par la botaniste étalé dans une clairière à l’ombre des épicéas : demi lunes aux graines de berce, muffins au tussilage, madeleines à la reine des prés, choc-orties , et pour se désaltérer, outre la frénette , fameuse boisson des centenaires divers élixirs de plantes et sirops de fruits des bois … Bref les bonheurs de l’oralité en intégral. Michèle et moi nous sommes senties fées autant que sorcières , manieuses de paroles et d’herbes dans un moment magique en pleine nature. Expérience à renouveler , avant de finir au bûcher… ! Photo : « Balade gourmande » le 25 juillet 07 avec Michèle Rome Références biblio. « Manuel pratique de l’herboriste » Edition Desiris P. de Bonnuel Adresse mail Michèle Rome : jardin.etival@tele2.fr

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Des contes interactifs pour petits : Pont Ste Maxence ( 95)

Jeudi 24 Mai 2007

Organisée par la bibliothèque « Reine Philiberte » une « Ronde de contes » : 2 jours à temps plein au cours desquels 17 classes de maternelle au total auront puisé dans les Boîtes à rêves… Boîtes à musique, à chansons, à mystères et à histoires remplis d’objets hétéroclites : téléphones mobiles, gourdes à grenadine, paires de chaussettes rayées, instruments de musique, foulards à jongler, casquette de loup, chapeau chinois, et 1001 autres curiosités en tout genre déclencheurs de contes, comptines et autres fredaines poétiques, exotiques ou humoristiques. Les enfants auront chanté, tapé des mains et des pieds, tendu l’oreille, et même pour certains participé au conte sur scène ! Les instituteurs sont partis aussi ravis que les enfants . Quand les adultes ne s’ennuient pas dans un spectacle pour enfants c’est toujours bon signe… La preuve : je reviens sévir sur les mêmes lieux avec de plus petits encore fin juin : les crèches de Pont Ste Maxime viendront à leur tour à la bibliothèque. Hélène Phung . Contes : « La boîte à rêves » et « Bercerêves, contes et berceuses du monde »

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Du clown pour le conte. Mes ateliers de clown .

Mercredi 16 Mai 2007

Si le clown est dans le « faire », le conteur est dans le « dire ». Tout semble donc les opposer. Pourtant, ils sont beaucoup plus proches que ce qu’il n’y paraît. L’un et l’autre sont davantage dans la communication que dans la représentation, chacun dans son domaine respectif. Pas de théâtralité , rien que de la vérité. Le conteur : nu dans son verbe, le clown nu dans son émotion. L’un habillé de son seul bâton de parole souvent purement symbolique , l’autre de son nez rouge . Le « verbeux » se cachant derrière le verbe minimum (donc maximum : le verbe des commencements, le « AUM », vibration première d’où naquit le monde). Le « gesticuleux » qui ne donne rien à entendre que la parole du corps ,derrière le masque à minima , le plus petit de la commedia dell’arte , incongru, aussi visible qu’un vilain nez au milieu de la figure… Leurs exploits réciproques s’inscrivent « ici et maintenant » dans le temps réel du vivant et non dans le temps scénique, c’est ce qui les rend si humains et attachants, jamais figés dans l’esthétique et l’Art qui nous exemptent le temps d’une représentation du monde des mortels pour nous hisser au rang des Dieux. Non, ils restent soumis aux aléas de l’erreur , ils « jouent » à la limite de l’humaine condition, sans cesse sur un fil . Beaux comme des Icare. Alors, inévitablement, 2 histoires se racontent : celle qui se dit / se passe sur scène , et puis l’autre, celle qui finalement nous intéresse le plus, même si elle ne se raconte qu’en filigrane : celle d’Icare dans son exploit entre terre et ciel , sur un fil suspendu à frontière de désir et d’accomplissement, au risque à tout instant de perdre l’état de grâce et d’apesanteur , rappelé par la dure loi de la gravité terrestre… Mes 11 clowns ont monté une petite Cie : « Les nez bulleux » ils s’exercent tels des Icare, nez au vent, légers et fragiles comme des bulles. Sans cesse en improvisation, donc sans cesse en création ,en auto fécondité, mais aussi dans l’invention permanente du rapport à l’autre. Ils vagabondent dans la sphère étroite et immense d’un espace scénique aux dimensions d’un « non-monde » : la vie telle quelle serait si … Hélène Phung -Journal d’une conteuse 25 Mars 07 -

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Contes d’ailleurs : le Vietnam au collège de St Vallier ( Drôme).

Jeudi 19 Avril 2007

Organisé par la médiathèque de St Vallier , en direction des classes de 6° : 3 séances de contes au total. D’une classe à l’autre un voyage des oreilles ( contes ,chants , musique) mais aussi des yeux : danses de l’ombrelle, du dragon ou des bâtons de bambou . Les élèves ont voyagé une cinquantaine de minutes dans le monde dépaysant de Bom le petit paysan indochinois ou celui, plus onirique de Grand-mère Brousse et de Diung l’oiseleur , au pays des hommes-tigres et des femmes-forêts . Un léger défrichage de l’immense littérature orale des pays indochinois en direction de pré ados tout ouïes, en redemandant encore à la fin ! C’est cela le miracle du conte. D’intéresser à des histoires venues d’un autre continent, parlant d’un monde inconnu : l’ Ailleurs de cet ailleurs asiatique qu’est la forêt profonde, ( en l’occurrence la Brousse lieu des fauves et des esprits …) Puis un temps d’échange afin d’assouvir les curiosités. Même si le temps ne m’a pas permis d’introduire une véritable petite conférence pour replacer ces récits dans leur cadre sociologique et littéraire… Une intervention qui, je pense , ouvrira encore des horizons à un travail des enseignants sur le conte déjà bien approfondi à ma connaissance. Je donne en tout cas rendez-vous aux 8 classes sur mon site . Questions et suggestions sont les bienvenues. J’espère avoir en retour le travail fait en arts plastiques . « Cam on ! » : merci à tous les enfants pour cette belle écoute ! Furent contés des extraits de : «Les perles du dragon » « Le dragon du printemps » « Grand-mère Brousse », « Drit le rêveur ».

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Conte et écologie : Le papillon est l’avenir de l’homme

Mercredi 11 Avril 2007

Raconte moi le papillon ! : Il était une fois une association écologiste bretonne qui proposa aux citoyens de garder une partie de leur jardin en herbes folles pour sauver les papillons en déclin: une initiative originale qui a fait des émules dans tout le beau pays de France. « Nous demandons aux gens de laisser dans leur jardin quelques mètres carrés d’herbes sauvages, des ronces, des orties... dont les chenilles raffolent, et de mettre quelques plantes riches en nectar comme les trèfles, la sauge ou les marguerites, pour nourrir les papillons adultes », explique Jérémy Allain, responsable de l’opération. Les jardins bien nickels et bien tondus sont des déserts à papillons, tout comme nos jardins intérieurs nivelés par le bas et aseptisés par une sous-culture, deviennent des déserts d’imagination ! Ah ! ces jardins de plus en plus anglais, ces gazons de plus en plus rasés, où l’on traque la moindre mauvaise herbe, sulfateuse bourrée de produits chimiques en main ! Où l’herbe « folle » s’entêtant à pousser en dehors des chemins « raisonnables » se fait impitoyablement arracher, où les herbes « sauvages », menaçant la « polis » c’est à dire la cité policée, urbanisée, civilisée se font domestiquer (de même que les forêts en France qui ne sont plus sauvages mais maîtrisées, non plus lieux de perdition et par conséquent de rédemption possible, mais produits économiquement gérables et exploitables). Tous ces jardins de plus en plus dénaturés, nous éloignant à jamais des jardins d’Eden ! Comment voulez vous que la chenille rampante s’y installe, s’y nourrisse et par un prodige de la nature, se métamorphose en un papillon, être hybride, à mi-chemin entre la fleur et l’insecte ? Comment voulez-vous que nous trouvions l’essor, l’envolée nécessaire du désir, que notre lourdeur terrestre prenne des ailes, sur un sol inculte, impropre à nourrir nos velléités d’envol ! . « On prend le papillon parce que c’est un bon ambassadeur pour sensibiliser au problème de la biodiversité, explique M. Allain. L’idée est que tout le monde peut agir concrètement, ce n’est pas seulement l’affaire de l’Etat ou des associations. Les jardins représentent en surface quatre fois plus que les réserves naturelles. C’est un véritable enjeu ». Chacun peut agir dans son jardin ! Chacun peut agir pour préserver la biodiversité. Chacun peut par son seul vouloir, son seul désir faire naître des papillons ! Et si vous n’avez pas de jardin, allez convaincre votre voisin ou bien songez au moins à cultiver votre jardin intérieur. Vous verrez des papillons s’envoler un jour de votre cœur… Hélène PHUNG Journal d’une conteuse 23 Mars 07 Bibliographie « Encyclopédie poétique et raisonnée des herbes » L Le Dantec « Forêts, essai sur l’imaginaire occidental » Harrisson « La fée papillon » Conte tong « Les ailes du papillon » Chine Mythologie navajo « Comment les papillons apprirent à voler » Conte de la création des clans (la roue médecine) dans mon propre répertoire : de nombreux contes du Vietnam, des Philippines, des indiens d’Amérique que je raconte disséminés dans différents tours de conte. Un très beau conte vietnamien sur l’ origine des papillons, inédit en France que je raconte dans «La Terre est bleue »… comme une orange . Mais l’orange est-elle ronde comme un papillon ?

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Contes pour la paix , contes du monde

Jeudi 5 Avril 2007

Contes pour la paix , contes du monde Un tour de contes inhabituel : je plie 5 oiseaux de couleur et de forme différentes ( un par continent) plus un oiseau de la paix , ailes ouvertes, comme sorti d’un livre d’Or … tout en contant et en chantant dans différentes langues du monde. Un conte afro-américain sur le thème de l’esclavage, l’histoire vraie de la petite Aïko ,victime d’Hiroshima et des centaines de grues qu’elle plia, un extrait de mythologie tibétaine , un conte d’origine juive sur le pouvoir des mots à changer le monde … Toujours sous le thème de la liberté, de l’envol , de la symbolique magnifique de l’oiseau ! Ce tour de contes s’adresse aux adultes autant qu’aux enfants . Il peut paraître naïf à l’heure d’une violente mondialisation tant culturelle qu’économique. S’il reste quelque chose à sauver de notre identité culturelle, n’est-ce pas notre langue afin de pouvoir dire l’homme dans sa diversité et son universalité ? Dire « oiseau » dans toutes les langues du monde… et retrouver nos ailes perdues ! Hélène Phung ( le véritable nom de ma famille maternelle qui signifie « phénix » en chinois : l’oiseau rouge et or, associé au Sud, au feu, à la chaleur et qui renaît, bref il n’y a pas de hasard…) Dans mon répertoire : «Sur tes ailes j’écrirai la paix» Voir aussi l’article du journal : « La symbolique de l’oiseau dans les contes d’Asie. »

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Contes du Vietnam

Lundi 2 Avril 2007

Présenter un pays, entrouvrir les portes d’un continent aux jeunes enfants de classe maternelle. Tel était le défi. Quelques temps plus tôt, mon ami Vaber Douhouré est venu sur les mêmes lieux faire rêver de l’Afrique … L’Asie est donc entré dans cette école de St Ismier dans l’Isère fin mars, juste avant les vacances de printemps. Justement, j’avais emmené dans un panier Tcheng, le dragon du printemps ( réplique exacte d’une marionnette sur l’eau de Hanoï que j’avais ramené dans mes bagages lors de mon dernier voyage) qui était encore endormi, de son long repos d’hiver, et ce sont les enfants qui l’ont réveillé . Ensemble, nous avons égrené les perles de salive du long collier d’histoires tombées de la bouche du Dragon.Et c’est ainsi que d’une classe à l’autre,on a pu entendre l’histoire de «Con coc» le crapaud faiseur de pluie, celle de Bom le petit indochinois gardien de buffle ( que j’ai tréssée à partir d’une chanson enfantine du haut Tonkin ) le tout entre comptine chame rigolote, berceuse douce(en vietnamien) que les enfants ont repris en chœur, danse de l’éventail, de « l’ombrelle sous la pluie » , des « bâtons de bambou » et même « Danse du dragon » avec masque chinois (pas trop terrifiant) pour les plus grands… Mythologie d’Asie et contes de saison avec en filigrane le problème de l’eau et de la sécheresse. Le bol cracheur chinois a chanté sa musique d’eau : ce n’était ni en français ni en vietnamien ! Les institutrices ont été aussi séduites, je crois… Peut- être poursuivre l’an prochain avec des contes du japon en origami « Contes et comptines pour bébés japonais » ou pourquoi pas le tour de contes «Calligraphie» adapté aux petits avec un « mini-atelier » de calligraphie pour calligraphes en herbe…

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« Luazinha» : contes du Brésil, nouvelle création.

Mercredi 28 Mars 2007

« Luazinha » signifie « Petite lune » en brésilien. Des contes plein de poésie et d’humour, sur le thème de la nuit et de la femme. Vous y entendrez chanter le ouirapourou, volatile de l’aube , et d’autres drôles d’oiseaux d’une forêt plus imaginaire que brésilienne , aux sonorités d’agogo … Virginie Plantain, chanteuse et percussionniste de batoucada (elle fait partie de la « Batouk » de Grenoble ) accompagne les récits au sourdo, tambourim de mao , et xéquéré. Berceuses douces et samba lélé plus vifs ponctuent les contes. Nous avons présenté pour la première fois ce spectacle de Conte et musique à l’école maternelle Diderot, de Grenoble, afin de le tester. Le retour des enfants a été superbe, ils ont été sensibles aux danses et aux comptines rythmées, aux sonorités de la langue brésilienne, mais ont aussi vibré aux passages de conte pur qui a fait s’envoler les imaginaires … vers d’autres lisières de forêts peuplés de ouirapourous multicolores et de serpents de lune. Nous attendons avec impatience les dessins que les enfants nous ont promis. Le spectacle « Luazinha » a de beaux jours devant lui, nous préparons actuellement une version tout public et songeons à réaliser peut-être un CD ( avec la participation de quelques autres chanteurs et musiciens de la « Batouk » ?) Ce serait magnifique !

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1001 CONTES ( Ou la Parole tricotée)

Mardi 27 Mars 2007

Une cinquantaine de tours de contes est-ce possible ? Et oui. Je tricote plusieurs tours de contes à la fois. La création n’arrête pas. Et les fils de la Parole s’entrecroisent, les écheveaux se mêlent et se démêlent. Je mélange les thèmes, les couleurs, je brode et je découds, je fais des reprises comme toute bonne couturière. Parole brodeuse, paroles de soie , histoires tissées. Bref, je suis artisan autant qu’artiste, et je m’y prends comme s’y prenaient nos grand-mères, éternelles Pénélopes à l’ouvrage : je défais pour mieux recommencer, de patchwork en patchwork , j’essaie de suivre la trame de dire, à la lisière du monde, de la vie, cueillie, cardée, filée, tissée, découpée, cousue de fil blanc et ajustée à nos corps dans un prêt à porter de plus en plus étroit , c’est l’uniforme de l’uniformisation. Un seul monde. Faut-il s’en réjouir ? Faut-il le déplorer ? En tous cas, je cherche dans le fil de nos mémoires, au couperet de la langue , dans le tissu de nos origines, la fibre de ce qui fait l’homme dans sa diversité et son universalité à la fois. Contes métis , contes de lin ( et de l’autre) , sur le métier sans cesse retravaillés, comme la tisserande du Ciel tissant les nuages du levant et du couchant : tisser les mots c’est fabriquer de la vie. Acte essentiellement féminin, comme le labour est essentiellement masculin. Mais le bouvier travaille la terre , le concret, le matériel ( qui est d’ailleurs yin) alors que la tisserande opère en plein ciel ,tissant les nuées ,l’aérien, l’inconsistant ( le ciel qui est yang). Voilà, tout est dit :l’équilibre entre Ciel et terre, féminin, masculin … De nombreux contes disent cet incessant tissage de la femme, et les fils vierges de sa Parole de soie , depuis l’image des Moires filant nos destinées jusqu’à la beauté des littératures orales de l’Asie (et de l’Afrique que je connais moins) aussi riches et colorés que leurs tissages qui sont de véritables œuvres d’Art. « Main habile, main qui brode la soie, s’en fut déjà broder 99 sacs de soie, en présent à l’homme aimé de la Rivière Rouge… » Ethnie Hmong ( Chant de la bru) Bibliographie : « La grande oreille N° 1 : Les contes du fil ou la mémoire tissée » Silène Editeur « Le dictionnaire des symboles » J Chevalier / A. Gheerbrant « Petite cosmologie chinoise » ( sur le bouvier et la tisserande) « Contes populaires de Chine » Editions langues étrangères Beijing Dans mon répertoire : « Les fils de soie » Contes d’Asie « La conteuse des rues ( Tricotage de contes) « Le vol de la grue » ( Motifs brodés en origami- conte du Japon) « Le bambou qui monte jusqu’à la lune » Ethnie chame Vietnam « Paroles mé-tissées » ( Contes colorés de femmes brodeuses) De nombreux contes d’ethnies vietnamiennes et chinoises (« Les balsamines » Conte han , « Les ciseaux magiques » conte bouyei , « Histoire du turban rouge » conte yao « Laine et Liane » ethnie jörai du Vietnam etc…

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Contes d’Arménie ( pour l’année de l’Arménie. )

Samedi 24 Mars 2007

2 spectacles : « La rose d’Anahakan » (tout public) et «Chanson pour Lorig » (Enfants, public familial). Avec Pascale Seigle au violon et au derbouka, chant à 2 voix.dans le cadre de l’année de l’Arménie, l’Arménie en Isère avec le conseil général de l’Isère et les Arts du Récit. 2 spectacles contés / chantés / dansés sur des musiques traditionnelles arméniennes, des chants dans les langues d’origine, puisés dans le folklore arménien, (tel « Chorer djan » ou diverses valses d’Arménie) pour les adultes, les berceuses et rondes enfantines pour le spectacle jeune public, dont « Lorig djan ». Un souffle d’orientalisme. Des contes de sagesse mais aussi d’humour, un rythme apporté par les percussions mais aussi l’énergie de la conteuse ! Et la musique arménienne envoûtante, que j’ai découverte, tantôt langoureuse, tantôt vive, ainsi qu’une langue magnifique. Le violon, magique entre les doigts de Pascale Seigle. Pourquoi l’Arménie ? On dit que le hasard fait bien les choses, ou peut-être qu’il n’y a pas de hasard ? Toujours est-il que c’est Pascale qui m’a titillée, dans son envie de croiser son répertoire de musique arménienne à mon propre répertoire de contes. Ainsi sont nés ces 2 spectacles qui s’entrecroisent. C’était début 2006 déjà… Avant l’année de l’Arménie. Une occasion aussi pour nous de dire notre amitié à la communauté arménienne. Automne 06 : une première avec «La rose d’Anahakan » à la bibliothèque de Chavanoz devant un public nombreux, à forte proportion issu de la communauté arménienne, dans une ambiance très chaleureuse. La photo : ça s’est passé à la salle J. Moulin de Tullins (Isère) dans le cadre d’une expo. Organisée par la médiathèque. Bravo mesdames une semaine bien enregistrée sur ce thème avec conférences,expo, venue de la conteuse arménienne Christine Kifher Sarian etc… Nous avons eu le bonheur de partager paroles et musiques avec un tout public à la fois très attentif et très participatif (je sais ce mot est à la mode…) : le tour de contes s’est achevé en ronde autour de la violoniste , pour une danse arménienne avec les enfants… Pour ma part, j’ai dédié cette participation à mon amie conteuse Michèle Dilizian, échouée quelque part en Nouvelle zélande, je pense que la musique est allée jusqu’à elle...

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Conteuse , chanteuse d’histoires

Mercredi 21 Mars 2007

Conteuse et chanteuse … Pourquoi mêler parole contée, parole chantée ? D’abord pour le plaisir. Conter, c’est pratiquer le verbe , la magie du verbe, en direction des humains. C’est un acte solitaire. On peut reprendre un leitmotiv scandé avec le public ,( en s’appuyant sur le rythme, comme dans les contes de randonnée), guère davantage. Chanter, c’est pratiquer le souffle, le plaisir d’une respiration commune. C’est un acte partagé parce que acte du corps. Il est plus facile de se mettre tous sur le diapason du corps que sur celui de l’esprit , dans une vibration commune ( sauf assemblée de chamans ou de moines bouddhistes ). Même en solo, le public chante avec vous, il chante dans sa tête avec vous . Et parce que dans le chant déjà ça communique entre humains , alors on peut s’adresser au-delà… Par dessus la terre pour aller vers le ciel. Un chant monte toujours . Il prend la voie des airs, la spirale ascendante de nos énergies. C’est une montée en puissance sonore, vibratoire, émotionnelle … J’ai eu le bonheur d’exercer, avec Marc Scialom, spécialiste en PNL , le chant harmonique , tel que le pratiquent les tibétains et les nomades mongols. Voix du ventre : énergies terrestres de nos racines , voix du cœur et des poumons , voix du centre entre terre et ciel (humanité et spiritualité), enfin voix de tête ( dite flûte cristalline) : voix divine. En Sibérie, ce chant se pratique en famille, et toujours en extérieur, face aux immensités de la nature, et il est vrai que ces voix ressemblent davantage aux bruits du vent dans les branches ou au chant des oiseaux qu’à des voix humaines. Ils se fondent dans l’espace. Alors pourquoi pas mêler parole contée, parole chantée ? Le conteur relie les mondes entre eux. Entre la Terre et le Ciel , il raconte et parfois ça monte, comme un chant… Hélène PHUNG « Journal d’une conteuse » 21 Mars 07 Bibliographie : « Le tao de la voix » « Chanter ou l’art de mieux vivre » Robert Gass, K. Brehony ( Editions Dervy) Dans mon répertoire : « Contes des toits du monde» Contes du Tibet et chants harmoniques « Chanson pour Lorig » « Couleurs du monde » , « Le chant des îles » etc…

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Qu’est-ce que le conte ? qu est ce qu un conteur?

Mardi 20 Mars 2007

Le conte, c’est le conteur. Pas de conteur : plus de conte ! Parce que le conte c’est du vivant, du charnel, de l’humain. Il faut un corps, une bouche. C’est : quelqu’un qui raconte ( ou quelque chose que quelqu’un raconte) Que peut-on raconter : le conteur ne doit-il raconter que du Conte ? Puisque le conte c’est lui –même, il peut tout raconter. Et ce faisant, il ne raconte que lui-même. Mais quand il se raconte, il n’est pas dans le « Un » de l’ego , mais dans le « Un » de l’universel. Tout ce que raconte un conteur : c’est du conte. Donc l’important c’est avant tout d’être un conteur. Et après peu importe ou plutôt , sortant de cette bouche tout importe , tout devient important , parce que c’est parole d’homme plus parole de conteur. Ca ne veut pas dire « parole de surhomme », non, ça veut dire : « parole de quelqu’un dont on reconnaît une spécificité qui à trait à la parole » C’est compliqué ? Ma parole : c’est simple ! En fait, c’est le conte qui raconte le conteur. Donc, à force de conter, ou si vous préférez, à force que les contes vous racontent, vous prenez de la consistance : vous devenez la matière de votre propre parole : un conteur. D’où le fameux adage : c’est en contant qu’on devient conteur ». Vous voyez ? Tout était déjà dit. Mais si tout est déjà dit, à quoi bon le dire encore ? Tout était déjà dit…. sauf vous ! Sauf cette fabrication du conteur au fil de ses récits : l’histoire de l’arroseur arrosé, du conteur conté … Mais alors quand on dit : « l’important au départ c’est d’être un conteur , après tout arrive… » , on ment, on triche ! Comment peut-on se prétendre conteur la première fois qu’on ouvre la bouche , si ce sont les contes qui vous fabriquent ? Et oui, c’est toute l’histoire de la poule et de l’œuf … Le conteur débutant forcément , c’est du bluff. Enfin pas vraiment, c’est du mensonge par vérité anticipée : plus l’auditeur accrédite et partage le mensonge , plus il devient vérité. Si bien qu’à la fin vous pouvez vous dire conteur, et vous pouvez le prouver : vous avez un répertoire. C’est comme une fiche d’identité, ça n’appartient qu’à vous, c’est votre miroir, votre reflet. Ca grandit avec vous comme une deuxième peau. Ca y est : la boucle est bouclée, à présent vous pouvez annoncer à voix haute : je suis un conteur. Je suis constitué de mes contes, je vous raconte ma genèse à travers celle du monde, la genèse du monde à travers l’enfantement de mon propre répertoire . Ce répertoire c’est moi, et ce n’est pas moi : c’est de l’humain qui à travers moi se dit. Ca ne me rend pas prétentieux, mais humble car je sais que ce dont je suis fait , au delà des gènes que m’ont transmis mes parents, ce sont toutes ces histoires que je trimballe comme une deuxième peau, un deuxième corps, comme autant de cellules universelles, de noyaux du monde immensément grand, immensément vide, dont quelque part en moi s’inscrit une temporelle articulation. Vous voulez savoir ? Ecoutez… Hélène Phung Journal d’une conteuse -09 Mars 07-

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Les contes de la nature ou la parole chlorophylle.

Lundi 19 Mars 2007

Contes de l’arbre, des plantes et du monde de la chlorophylle . Contes de la verte Asie , d’une société végétaliste : contes du bambou et des forêts indochinoises. Dans le sud-est asiatique, les plantes jouent un rôle fondamental dans la vie des hommes . Elles sont présentes dans leur quotidien mais aussi dans l’art, la culture, l’oralité. Raconter la nature, c’est dire nos racines. Dire la sève qui nous habite et l’élan de nos bras comme autant de branches tendues vers le ciel. L’ arbre fétiche de l’Asie est le banian. Au même titre que le baobab en Afrique. Mais cet arbre est éminemment yin, féminin, symbole de la femme accomplie : c’est à dire d’âge mûr, de la mère. Elle s’enracine dans la réalité quotidienne, (dans la terre) : c’est en s’accrochant d’abord aux bases solides de l’amour maternel que l’enfant peut ensuite s’émanciper et affronter la vie. Mais le banian possède aussi des racines suspendues, célestes et à ce titre il porte vers le Ciel, vers la grandeur de l’homme. Le cerisier, le prunier, le bambou , le pin sont autant d’arbres symboliques que l’on retrouve dans la culture orale, mais aussi picturale et dans toute la symbolique des pays d’Asie, sans oublier le ficus sous lequel Bouddha vécut son illumination. Le lotus, le chrysanthème, la pivoine , sont autant de fleurs à forte prégnance symbolique en Orient. On peut raconter le monde uniquement à travers les mythes végétaux , le végétal ( comme le minéral ou l’animal d’ailleurs) forcément nous ramène à l’homme, à sa place sur terre et dans le cosmos. L’écologie c’est d’abord et avant tout une façon de se situer au sein de l’univers, le reste vient ensuite. Plus que jamais racontons des contes de la nature aux enfants, ayons une parole chlorophylle ! Bibliographie ( juste quelques titres ) Robert Harrisson « Forêts, essai sur l’imaginaire occidental » ( champ flammarion) Jacques brosse « Arbres de France » Benoît Descombes « Sagesse des arbres » le seuil Jacques Dournes « Femme, forêt, folie » Dans mon répertoire : tous les contes de la nature. « Grand-mère brousse » , « Contes de la forêt indochinoise », «Banane verte» , « Bambous» , «Champ de pavots » , «De mémoire de pétale» « Le cœur chlorophylle » …

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Métissage des langues , contes du métissage

Jeudi 15 Mars 2007

Dans de nombreux spectacles de conte je prends un malin plaisir à mélanger les langues. Surtout dans les chansons ( à capella ou en musique) qui les accompagnent, et qui les rythment. Quel bonheur pour une amoureuse du parler, comme moi, se targuant de pratiquer de la littérature orale ,que de faire tourner en bouche toute la musique d’une langue et de délier les mots d’un univers autre .Car explorer une langue , c’est toucher à ce qui fait l’altérité de l’autre, c’est penser un peu comme lui. Et même si on ne maîtrise pas suffisamment les langues pour en saisir les nuances, déjà plonger dans leur rythme, leur musique, dans une approche purement sensuelle et intuitive à la fois, quel bonheur ! Et les plus petits ne s’y trompent pas , attentifs et se régalant aux chansons d’ailleurs , tâtant d’une oreille goulue aux sonorités nouvelles… Non, ils ne sont pas désorientés mais curieux des univers sonores de la parole qui s’ouvrent à leur écoute. A l’heure où nous nous interrogeons sur nos origines et le formidable mélange d’un monde qui rétrécit proportionnellement à l’amplification des moyens de communication ( avec tout ce que ça suggère à la fois de crainte et d’espoir , d’envie de se fondre et de se différencier ) , à l’heure des « Tristes tropiques » ( et j’ai une pensée émue pour Claude Levi-Strauss), écoutons chanter les langues. Nous ne pouvons lutter contre l’uniformisation de la planète et des modes de pensée qu’en gardant comme un précieux héritage notre langue. Comprendre la beauté et l’importance de toutes les langues, de chacune d’elles , ce n’est pas renoncer à la sienne, mais comprendre ce qui en fait la particularité. La parler c’est la garder vivante. La conter, c’est partager la beauté de ce vivant. Bibliographie : Il est toujours bon de se replonger dans « Race et histoire » de Claude Lévi-Strauss Et dans « Tristes tropiques » plus que jamais d’actualité . Dans mon répertoire : « La rose d’Anahakan » et « Chanson pour Lorig » avec musique et chants arméniens . « La perle du dragon » « Con coc » et autres contes du Vietnam « Le vol de la grue » , « Comptines pour bébés japonais » et autres contes du Japon « Les 1001 jours » et « Le chameau qui pleure » contes d’Orient et chants toujours « Luazinha » contes et musique brésilienne « Contes de lune « Bercerêves » contes et berceuses du monde, « Couleurs du monde » , dans des langues métissées ( chinois, vietnamien , congolais, portugais, indien, tibétain etc…) « Jeux de doigts jeux du monde » pour compter /conter le monde …

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Connaissance de l’Asie par les contes

Mardi 13 Mars 2007

J’ai eu l’occasion au printemps 2005 d’animer , par le biais de la médiathèque de la Drôme toute une série de petites conférences à l’adresse des bénévoles de bibliothèques en formation, liées au thème de la Chine/ littérature écrite et orale ( et c’est bien sûr dans le domaine de l’oralité que je suis intervenue). D’abord, ce fut un vrai plaisir de parcourir la Drôme durant une quinzaine de jours, depuis celle des collines ( au nord) où se situe d’ailleurs le village de mon enfance, jusqu’à celle dite provençale dans les alentours de Grignan, et de croiser toutes ces personnes ( la plupart du temps des femmes ) qui donnent de leur temps et de leur passion aux petites bibliothèques de campagne qui sont souvent l’âme , en tout cas Le lieu culturel d’un village… Sur chaque lieu une vingtaine à une trentaine de personnes attentives et curieuses, s’ouvrant à une littérature étrangère ( oh combien étrangère !) Des séances d’une heure trente environ pour ma part pendant lesquelles je les informais de la littérature orale en Asie ( en particulier de la Chine mais aussi du Vietnam et des ethnies vietnamiennes) , et entrecoupais mes informations de petits contes , proverbes et devinettes issus de l’oralité asiatique principalement chinoise. Très vite, je me suis aperçue que la curiosité des auditeurs dépassait le cadre purement littéraire et embrassait la totalité de la culture asiatique. Donc, rapidement, la « bibliothèque » que j’exposais à la suite de mon intervention s’est modifiée, agrandie, et s’est composée, outre des ouvrages de contes d’Asie , d’autres plus généraux concernant tant le Feng Shui que le tai chi , les philosophies et divers essais sur la culture chinoise, la calligraphie, la peinture et même la cuisine… Et c’était naturel : le monde est un tout ! Depuis, des questions pour moi se sont posées : peut-on réellement conter de la mythologie chinoise ou des contes d’Asie en général s’il n’y a pas d’abord cette ouverture qui va faire que l’auditeur occidental va saisir profondément toute la force de la symbolique incluse dans ces récits ? Les modes de pensée du monde étant tellement différents en Asie, ne serait-ce que par le mode d’écriture qui embrasse des réalités totales bien plus que des reproductions de sons, peut-on raconter par exemple un conte zen , ou des koans à un public novice , sans être obligés d’analyser, d’y mettre des commentaires, comme le fait d’ailleurs J. Brunel dans ces admirables « Contes zen » ? Peut-on raconter des contes d’une société végétaliste comme celle des Jörai à des occidentaux qui ne vivent pas les éléments naturels comme le font ces chasseurs indochinois ? Moi-même avec toute ma bonne foi et mon intérêt pour ce continent dont je suis en partie issue et où reste tout un pan de ma famille, suis-je à même de les raconter dans leur véracité ? Y a-t-il une véracité en soi des contes ? Ou bien la seule véracité est-elle du fait du conteur ? Ou bien faut-il faire confiance aux contes et récits tels qu’ils sont et se dire qu’en eux –mêmes ils recèlent, sans qu’il y ait besoin d’ajouter le moindre élément de « savoir » , des « vérités » universelles auxquelles tout homme serait sensible ? Auquel cas, l’écoute de ces contes pourrait malgré tout déclencher l’envie de s’informer davantage. Mais le conte ne peut-il pas en lui même constituer un élément d’information à part entière ? N’est-il pas révélateur d’un mode de pensée, de fonctionnement dans une société donnée ? ( Je veux dire non pas aux yeux d’observateurs essayistes et analystes en tous genres du conte, mais aux oreilles du simple auditeur ?) En tout cas, je me suis aperçue à travers cette expérience en Drôme que les 2 discours n’étaient pas incompatibles. Que l’on peut mêler parole didactique et parole « d’imaginaire ». Que les auditeurs peuvent aisément , et même avec bonheur passer de l’un à l’autre, l’un éclairant l’autre , l’autre apportant sa part de mystère et d ‘indicible , dont l’âme humaine a tant besoin. Car, et c’est de plus en plus ma conviction, le conteur ne dit rien d’autre que l’indicible, en tout cas il flirte sans cesse avec ses frontières. Je l’ai constaté dans ce cadre plus didactique que de « compétence artistique » proprement dite , mais j’ai eu aussi l’occasion de l’expérimenter dans un cadre purement artistique. En effet en janvier 04 à la médiathèque de Domaine ( 38) puis au printemps de la même année à la médiathèque de Voiron ( 38),j’ai eu l’occasion de présenter pour la première fois « Paroles de thé » devant un public je dirais « moyen » c’est à dire toutes classes sociales confondues . Ce tour de contes mêle récits « réels » et d’information sur les cérémonies du thé au Japon , de la philosophie zen et des contes du Japon ( sur le thé ou contes zen) et s’est terminé par une dégustation de thés divers. La qualité d’écoute, l’enchantement des auditeurs ( dont du jeune public et pourtant Dieu sait que le propos n’était pas si facile !) évidemment m’ont comblée en tant que conteuse mais aussi m’ont agréablement surprise quand à la capacité d’écoute et d’absorption d’information de ce public ; lui-même étonné d’avoir été perméable à des notions d’esthétique ou à certaines subtilités de pensée … auxquels il pensait ne jamais accéder parce que de réputation difficile , réservé à une élite etc… La culture devrait être cela : que les gens en partant vous disent « Merci, je me suis régalé à écouter et ça me donne envie de lire » ou bien « Le thé était aussi bon que les contes ». Dans «Calligraphie » j’ai utilisé à peu près le même esprit : une volonté affichée de mêler contes ( éléments de pure fiction narrative) et « approche culturelle pour ne pas dire purement intellectuelle » de la calligraphie chinoise. Le bonheur du conteur à mêler les 2 domaines de langage n’a d’égal que celui des auditeurs à slalomer de l’un à l’autre : vertiges d’une glisse de l’écoute sur des niveaux de résonances qui ne peuvent que s’enrichir mutuellement. Après tout, ce bonheur, cette liberté intellectuelle et artistique ne sont –ils pas tout simplement ceux de la réalité de la vie multiple, insaisissable, irréductible à quelque classement que ce soit ? Dans la même foulée, j’ai entrepris d’autres tours de contes que j’appelle « botaniques » et d’autres encore dans lesquels je mêle imaginaire humain et imaginaire de la Nature. Hubert Reeves , Théodore Monod, le romancier P Gascar, et bien d’autres nous ont ouvert la voie de cette curiosité non sélective du monde et de toute sa poésie , de l’infinie histoire d’une « Nature imaginante » , que des philosophies taoïste , bouddhiste, zen , indienne nous content depuis des millénaires … Arrêtons de coller des étiquettes ! Ecoutons avec toutes nos oreilles et toutes nos sensibilités. Bibliographie : « Chanteurs, conteurs, bateleurs » J Pimpaneau Editions Asie orientale « Les plus beaux contes zen » H Brunel – Calman-Lévy « Compagnons de voyage » Hubert Reeves « Les chimères », « Les sources » P Gascard ( Gallimard) « Théodore Monod » Actes Sud Références à mon répertoire : « L’étoile Yung Fu » Contes, devinettes, proverbes chinois « Calligraphie » Contes de la peinture écrite. «Paroles de thé » contes et dits d’une buveuse de thés « Le chameau qui pleure » contes du désert, à la mémoire de Th Monod «De mémoire de pétale» contes botaniques Hélène PHUNG Nattages 09 Mars 07

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Conte en origami Médiathèque de Cachan ( 94)

Lundi 12 Mars 2007

« Le vol de la grue » (Extrait de « Journal d’une conteuse ») … Et ce lien a duré tout le temps du récit, avec des moments d’interactivité très forts : des leitmotivs ponctuant le récit, les moments de pliage pendant lesquels des propositions fusent, comme dans un jeu de devinette : qu’a brodé Neige -de –Printemps ? (…) Et l’émerveillement à la métamorphose du papier coloré en un élément du récit. Surtout lorsque la transformation du papier suggère celle de la jeune japonaise en oiseau. Double métamorphose. Dans l’imaginaire et dans la « réalité » du papier. Faire vite avec les doigts pour ne pas casser le rythme du récit et surtout garder le lien… Mais tout s’accomplit avec grâce et bonheur, je ne ressens pas de crainte : mes doigts ne racontent pas la peur de se « planter » dans les pliages, mais le plaisir d’une symbiose de création, quand papier et mots s’accordent pour faire naître un oiseau qui s’envole au rythme d’une chanson qui maintenant traverse tous les cœurs comme un air depuis longtemps connu. Un souvenir de l’âme(… )Le retour a été immense ; « Merci madame, c’était très beau ». Adultes et enfants. Je m’en veux presque d’avoir pu penser que ces gens là ne seraient pas sensibles à la beauté à fleur de mots et de papier à laquelle j’avais rêvé. Toute seule. Parce qu’au début ça prend forme tout seul dans la « cuisine » fermée de la création. Alors bien sûr, on ne sait pas si ça peut se concrétiser vraiment, se partager. Si c’est aussi beau qu’on s’en auto-persuade , dans notre orgueil d’artiste. Et on vous donne la réponse si gentiment, si simplement dans une petite bibliothèque d’un quartier de la région parisienne… On vous prête les yeux et les oreilles, et on vous dit merci de surcroît (…) J’ai un rayon de soleil de plus dans le cœur. Et une certitude : ce conte-là, il faut continuer de le raconter. Pas besoin de label posé dessus, de qui que ce soit, pour savoir si c’est bien ou pas, beau ou pas. Ma réponse, je l’ai eue

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Le thème de la femme-oiseau dans les contes d’Asie

Vendredi 9 Mars 2007

Un thème très répandu dans les contes d’Asie (Chine, Japon, Vietnam) Ni harpie, ni sirène, la femme–oiseau asiatique demeure un être purement céleste nullement mal intentionné envers les malheureux terrestres que nous sommes… Dans la mythologie chinoise, la tisserande est une femme céleste (ou femme oiseau) Non seulement elle tisse le bleu du ciel sur son immense métier à tisser, mais le récit de sa première rencontre avec le bouvier, la pose souvent en tant qu’ oiseau descendu du ciel et atterrissant près du jeune homme. Elle se défait de son vêtement céleste pour plonger dans l’eau, (elle quitte cet attribut du monde aérien pour se glisser dans l’élément eau, et ce faisant allume le feu dans le cœur du jeune homme, on pourrait ajouter que dans la version jörai elle séduit le petit-fils de la forêt, élément bois et que celui ci se fera forger des ailes de métal pour la rejoindre : les 5 éléments asiatiques semblent être au cœur de cette histoire…) Bref, il lui dérobe sa robe de plumes. Rappelons que lorsque les amants se retrouvent une fois l’an, c’est grâce à un pont de pies. Le motif de la robe dérobée, qui empêche l’envol, et donc retient sur terre (véritablement par la force de la gravité terrestre) un être céleste (autrement dit divin) qui se fait littéralement « couper les ailes » est une constante. Dans le cycle des rêves de Drit ou Diung (qui est d’ailleurs souvent un oiseleur / mythologie des Jörai), petit-fils de grand-Mère Brousse , donc de la forêt, la femme fantasmée (ayant figure de femme-forêt, femme-bambou, femme-liane etc…) est aussi et avant tout une « fille des airs » c’est à dire une divinité féminine descendante directe du Ciel qui est éminemment Yang. Le héros ne cesse, au cours de ses aventures, d’aller par ses rêves jusqu’à cette figure divine, de la rendre terrestre et donc humaine, en lui dérobant les moyens de sa magie (incarnée par les ailes.) Mais terrestre, elle devient la proie des convoitises humaines, donc est vouée à la perte. Alors de nouveau il faut la reconquérir, l’atteindre à travers les rêves, en traversant la forêt profonde et tous ses obstacles comme autant d’épreuves, parvenir aux confins de la terre et du ciel, ou même s’élever jusqu’au Ciel lui-même (par des ailes de fortune. Ah ! la belle image que celle de cet Icare Jörai s’élevant au-dessus de sa condition d’homme pour rejoindre la bien-aimée, la bien-rêvée…) Mais ce franchissement des limites entre la Terre et le Ciel, le monde terrestre et le monde divin se fait d’abord par Drit qui est un anti-héros, soit mais tout de même le petit-fils de la Forêt. D’autre part, en tant que dépassement des limites, il ne peut s’établir dans la durée. Il reste toujours, tel le désir humain, un objectif à atteindre, qui, sitôt atteint, perd de sa vivacité. La divinité des airs devenue terrestre perd de son éclat d’être inaccessible, de sa pureté céleste. Heureusement qu’elle retrouve sa robe de plumes et s’envole au Ciel, sinon, le rêve prendrait fin. Elle reste belle et désirée : là-haut, dans les nuées. Et son envolée finale ne signe pas que sa seule et magnifique liberté, mais aussi celle de l’être (ou des êtres comme dans certaines versions japonaises du conte de la grue par exemple) dont elle se sépare. Je rappelle que le mot « désir » vient de « de siderata » c’est à dire « souvenir d’une étoile ». Nous éprouvons des désirs parce que nous avons eu quelque part, « ailleurs » connaissance d’une étoile. Les femmes oiseaux nous rappellent ce temps où nous avions notre place au Ciel. La destinée humaine et la liberté de l’être humain seraient-elles de reconquérir sans cesse et « ici même » ce ciel perdu ? A chacun sa réponse, mais pour moi l’envie de raconter des contes de femme oiseau, et avant même cela, le bonheur de retrouver tous ces récits merveilleux au hasard de la vie, comme une parole qui m’est familière, résonne comme un écho d’une vie antérieure que maintenant, entre la Terre et le Ciel, j’ai envie de clamer… A ce propos, je voudrais mentionner cette magnifique légende des Dong (ethnie chinoise sans écriture) contant les aventures d’hommes partis au Ciel chercher contes, musiques, danses, et autres réjouissances d’ordre divin et céleste pour les ramener sur terre, mais les ayant perdus à mi-chemin… C’est là, je pense, que cherchent encore tous les conteurs, mais aussi tous les artistes ! Références : Mythologie chinoise : le bouvier et la tisserande dans les versions de Chine ou du Vietnam les plus anciennes Japon : nombreuses versions de contes zen ou bouddhistes ( danse de la femme oiseau au vêtement de lumière reprise par le théâtre No / allusions à la danse de Amaterasu , déesse du soleil, Mythologie japonaise) Nombreuses versions du conte de la grue. Vietnam : ethnie Jörai le cycle des rêves de Drit. Nombreux contes jörai « la fée du banian » etc les contes de Grand-mère Brousse/ de la forêt indochinoise. Dans mon répertoire : « Le vol de la grue » Conte en origami « Le Champ de pavots » conte du Japon « Ikebana » (Contes de la tige, entre la terre et le Ciel) « Drit le rêveur » Mythologie des Jörai – (Vietnam) « Grand-mère brousse » « Contes de la forêt indochinoise » « Ce que Jin Bi a rapporté du ciel » mythologie des Dong Hélène PHUNG Nattages 06 –08 Mars 07 (En cette journée de la femme et à toutes les femmes afin que jamais on ne leur coupe les ailes…)

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Expériences contes de Noël

Lundi 15 Janvier 2007

Cet hiver 2 spectacles pour les tout-petits dans 2 crèches de la Maurienne : "Les chantines de Noël", le lutin de l’hiver sortant de son sac histoires, boules de noël et doudous à jongler, chansons sur le "nez qui coule" et "la grenadine", comptine "J’ai froid" Conte-randonnée de "L’oiseau de noël" avec appeaux, et comptines à reprendre au rythme des grelots, "Vive le vent d’hiver" avec clochettes musicales. Pour finir une chanson de neige "Tombent les flocons"… Tout ce qui n’appartient pas à la tradition, je l’ai inventé, parfois avec l’aide d’enfants dans des ateliers de conte ici et là… La magie de noël a opéré… Une conteuse ça en met "plein les oreilles" mais pourquoi pas aussi "plein les yeux"… ? En Franche-Comté et dans le Jura un tour de contes intitulé "Sapins" : des légendes autour du sapin (épicéa de son vrai nom) de la "Tante Arie" mère noël des suisses et francs comtois qui a tout d’une "fade" ou fée des grottes. Histoire de vouivre locale et rapide saut du côté des tomtes de Norvège, retour au sapin et légendes d’arbre de noël tel le sorbier des oiseaux, anecdotes botaniques et mythologie des arbres mêlés. Entracte : passage sobre du père noël (qui apporte des livres pour la bibliothèque) chez les uns. Dégustation de miel et de limonade de sapin par les touristes chez les autres (une pub pour des artisans locaux pourquoi pas ?). En 2ème partie, pliage de sapins, de lettre au père noël, d’une étoile ou d’un oiseau de la paix… On est toujours dans l’esprit de noël…

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Polémique autour des contes de Noël

Mercredi 10 Janvier 2007

Est-ce que ça existe ? Dans l’absolu, non. Et pourtant… on peut constater malgré tout une forte demande de contes dans cette période, entre autres de contes de noël… L’hiver est une saison propice à l’intimité, au repliement, c’est le temps de la parole au chaud dans un cercle d’amis… On a envie d’entendre des histoires, comme au temps des veillées d’autrefois. Et on a envie de magie, d’être émerveillés comme des gosses devant un sapin de noël… Alors pourquoi pas des contes merveilleux ? Ou des légendes qui nous parlent de cette nature, dehors, qui se replie pour mieux renaître au printemps ? En fait si le noël tel qu’on le connaît aujourd’hui a été une « récupération » par l’église de fêtes païennes bien plus anciennes, et que ce noël là a été lui-même récupéré par le mercantilisme de notre société pour aboutir à ce que l’on sait de ces affreux noëls de la consommation vidés de tout contenu symbolique, rappelons nous tout de même qu’autrefois les fêtes de solstice d’hiver correspondaient à un moment précis de la vie des hommes, qui voyaient les jours baisser et la nuit grandir. Alors pourquoi ne pas raconter les croyances celtiques ou asiatiques, les ancêtres du père-noël qu’étaient les tomtes ou les niss des pays nordiques, les gâteaux de lune que font les chinois au 15 du premier mois lunaire pour chasser les démons à l’aube d’une année nouvelle. Pourquoi ne pas raconter ces légendes venues du froid, que les inuits se racontent dans la chaleur de l’igloo ? C’est replacer le contexte merveilleux de noël et rappeler aux hommes que derrière le mercantile et les habitudes de consommation ou simplement de vie sociale, il y a des relents de symbolisme que l’on peut, pourquoi pas, se réapproprier, à notre époque, pour redonner à l’existence un peu du sens qu’elle a perdu. En tout cas, être conscient de ce dont nous sommes issus, tout simplement. La peur des ténèbres, du froid, des éternités de glace, l’appel d’une parole humaine et chaude dans la lumière des cœurs et des abris, chantant la grâce de la fragilité humaine… C’est universel. A l’heure où fondent les banquises, à cause des effets de serre, la Nature nous rappelle qu’aucune civilisation n’est à l’abri… Noël ! Noël ! La joie de la fête du solstice d’hiver, c’est de voir les jours grandir, et la vie reprendre le dessus… Tout cela, dans les écoles, les bibliothèques, pourquoi ne pas le raconter ?

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Conte et musique classique

Jeudi 30 Novembre 2006

Novembre 2006 : un week-end à ST Claude dans le Jura, à l’occasion de l’expo de la médiathèque consacrée à Mozart. Vendredi soir le spectacle "La flûte enchantée" avec la musicienne Pascale Seigle. Rien que des contes auxquels la musique est intimement liée, tant par le thème que par la mise en scène. Pascale au violon et au chant, moi-même à la flûte et au chant. Du Mozart, mais aussi un peu de musique traditionnelle, de quoi intéresser mélomanes avertis et simples amateurs. Un tout-public qui s’est dit "enchanté"… Samedi après–midi "Le chant des îles" un conte de randonnée destiné au jeune public. Du conté / chanté très interactif sur le thème du bruit, de la musique, des instruments du monde et du voyage… Les jeunes oreilles ont pu entendre le son du xéquéré, de l’ocarina, du djembé et autres instruments du Monde, des rythmes inhabituels et des langues d’ailleurs. Un beau voyage pour les petits jurassiens, mais certains ont reconnu des airs lointains de chez eux… Un bel accueil des bibliothécaires heureuses d’avoir pu rassembler un public nombreux autour d’un week-end festif pour clôturer un mois d’expo très réussi, autour d’un thème pas si facile. Bravo à tous.

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Romans à Romans

Lundi 20 Novembre 2006

Un festival qui date d’une dizaine d’années, lancé par les quelques libraires de cette petite ville drômoise. Et qui attire de plus en plus d’auteurs, d’éditeurs et de visiteurs... Cette année, j’ai eu l’honneur, avec Dominique Toutain, d’y participer en tant que conteuse. Un pari à mes yeux important : que les porteurs d’une littérature orale ne soient pas en reste... et fassent honneur à une profession qui n’était pas au centre de ce festival. Nous avons conté chacun de notre côté dans une huitaine d’écoles chacun de la région romanaise. Des villages où nous étions attendus avec beaucoup d’impatience et de plaisir étant donné le peu de manifestations culturelles (et oui, dans les écoles des villages, c’est le déplacement vers le lieu culturel qui coûte cher !) Pour ma part, j’avais contacté les enseignants, pour les interroger sur leurs attentes. Le thème du festival : "littérature et musique" pouvait être déjà un départ. Je proposai donc un échantillonnage de possibilités. Deux ont été retenues : "Con coc" contes et comptines du Vietnam pour faire venir la pluie, ou "Le dragon du printemps" pour ceux qui avaient axé leur année sur le thème de l’eau. Et "Couleurs du monde" contes et musiques du monde pour ceux qui étaient plus intéressés par l’ouverture culturelle. Samedi matin, un tout public chaleureux dans la salle des Cordeliers autour des contes des 5 continents "Couleurs du monde" repris en cœur ce jour-là avait un bel accent romanais !

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Contes de Chine à St Dizier

Vendredi 10 Novembre 2006

Le directeur de la MJC de ST Dizier (la plus grande de France !) organise depuis quelques années un festival d’automne autour du Conte. A chaque fois, c’est l’occasion d’une découverte. Un nouveau continent... Bref, cette année c’est la Chine. Me voilà donc en route pour une petite semaine en Haute Marne. Au programme : 7 séances pour des scolaires (de la maternelle au collège) plus un tout public en fin de séjour, avec un repas asiatique... Le tout se déroulera dans la belle salle polyvalente de la MJC, les établissements se déplaçant. Je choisis de placer mon décor sur la scène (qui est assez haute) et de faire installer une estrade d’une quarantaine de cm de haut au pied de cette scène (que je recouvre de tissus noirs punaisés au sol). Ainsi, je pourrai jouer sur les 2 niveaux pour les différentes mises en scène. Un soleil couchant en ombre chinoise en haut de la scène. Juste mon pliant de bambou fétiche, 2 coussins ethniques rouges et noirs ramenés de mon dernier voyage à Hanoï et voilà un décor on ne peut plus zen… A chaque spectacle environ 170 personnes. Le premier jour j’avoue que j’ai pris peur : 170 maternelles d’un coup ! Je ne m’attendais pas à ça... Dieu merci (je parle de Bouddha, bien sûr !) tout s’est miraculeusement bien passé. Donc pour les plus petits "Con coc", contes et comptines du Vietnam pour faire venir la pluie, pour les primaires : "Le dragon du printemps" (et de Bom le petit gardien de buffle indochinois) pour les collégiens "Calligraphie" contes et récits sur le thème de la peinture et de l’écriture, ponctués de calligraphies réalisées sur scène. Qui me vaudra d’ailleurs le témoignage émouvant d’une éducatrice d’enfants en difficulté qui viendra me remercier pour l’un de ses élèves en particulier et sa maman (présente au spectacle) et me demander pour toute la classe de lui réécrire le mot "arbre" en chinois. Le dernier jour "Dragons" mythologie chinoise, contes du Vietnam et du Japon entrecoupés d’une danse du dragon sur musique japonaise, d’une danse à l’ombrelle avec chant sur musique du Vietnam et chants du Japon sur frapper de bambous. Le repas qui suivra, servi dans la salle de spectacles décorée pour l’occasion de dragons et de calligraphies chinoises, réalisé par enfants et animateurs du centre prolongera l’enchantement par la voie des papilles... Bref, on est encore dans... l’oralité... !

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Le rallye du livre de Brou-sur-Chantereine

Jeudi 12 Octobre 2006

Une semaine bien remplie à Brou où j’ai été superbement accueillie. Des contes en crèche ("Bercerêves, contes et berceuses du monde") dans les écoles primaires ("Con coc" contes du Vietnam), et un tout public en fin de semaine : "Couleurs du monde". Un rallye dans tous les sens du terme. Heureusement bien organisé par toute l’équipe, autour de Grâce et Eliane. Le plaisir de se produire finalement dans une salle pas comme les autres : église coté pile, scène de théâtre côté face... Une expo imprimerie, des prestations diverses (musique, poésie sud américaine, heure du conte en bibliothèque). Bravo à l’équipe si dynamique et sympa !

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La boîte à musiques

Vendredi 11 Août 2006

C’est un bel endroit, au bord du lac du Bourget, à Novalaise (Isère). De loin, il ressemble à un petit cabanon, style guinguette, avec ses lumières dans la nuit. A l’intérieur c’est un douillet cabaret, avec une petite scène, parfois encombrée d’un lourd piano, très brittish avec son bar et sa déco. Comme un pub... Il est tenu par 2 adorables "post soixanthuitardes" : Bernadette et Masha. 3 spectacles par semaine dans une ambiance cabaret (du vendredi au dimanche soir) le plus souvent de la musique, des chanteurs, mais aussi du théâtre, et... pour la première fois du Conte & musique ! Pascale s’y est déjà produite avec ses différents groupes, Claude également. Et bien voilà . Nous proposons "Balade irlandaise" avec Pascale au violon. Tim O’connor, chanteur irlandais et guitariste a monté le tour de contes avec nous. Seulement voilà : des histoires de coeur au dernier moment l’emmèneront loin loin de France et il nous faut faire sans lui... Bref, en première partie "l ‘histoire de Brian" un conte fantastique avec des duos voix parlée / violon dans les passages d’humour noir, enchaîné à un conte drôle façon presque sketch , chants et musique celtique traditionnels en prime. En 2° partie : grimpées sur les tabourets de bar, bock de bière en main, nous continuons au bar, dans un esprit "brèves de comptoir" alternant histoires courtes et airs de violon . Rien que des histoires irlandaises, rien que des musiques celtiques ! Dans une ambiance pub assurée... La soirée finit avec des gens qui prennent la parole et se mettent à conter à leur tour. Une superbe convivialité (qui n’est pas due qu’à la bière... !) Une salle pleine, et très chaleureuse, beaucoup ont découvert le conte, certains sont venus exprès : quelques uns de mes "apprentis clowns" par exemple. Une expérience à renouveler, nous a-t-on dit. Et bien nous sommes revenues en janvier 07 avec un autre spectacle. Mais ça, c’est une autre histoire...

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Contes sous les bois, contes de la forêt indochinoise

Jeudi 27 Juillet 2006

Le matin : ateliers d’origami au chalet de la Darbella à Prémanon, nous hésitons à nous mettre sur la terrasse à cause du vent léger qui pourrait souffler sur les feuilles de papier japonais. Finalement, nous opérons à l’intérieur, tournés vers les massifs couverts de sapins. Mais très vite, on oublie le Jura, on a la tête "dans le Japon"... L’après-midi, des contes de la forêt indochinoise en pleine forêt du Jura… avec la pluie en prime, comme au pays des vertes moussons mais les auditeurs ne désarment pas ! "Drit le rêveur" sera raconté en 3 parties, en 3 lieux différents comme dans un voyage initiatique et onirique… et le soleil illumine le dernier conte. La magie de la lumière et des odeurs après la pluie en prime. Un vrai bonheur.

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Expériences de crèche

Samedi 11 Février 2006

Dans le cadre d’un "parcours culturel" dans la région de Chambéry (Savoie) et à la demande de personnel d’encadrement de la petite enfance, nous avons pu vivre, avec Pascale Seigle, violoniste, une superbe aventure ! Au départ : profitant d’un projet culturel régional, le personnel de 6 lieux de la petite enfance a manifesté en 2005 le désir d’un véritable projet artistique qui réponde aux besoins de la petite enfance. De nombreuses réunions et l’écoute des uns et des autres, a permis d’établir un projet contes / musiques / chants / comptines autour du thème du corps. Ainsi est née la Cie "Mine de Rien" (Pascale et moi) et "Ti-Bonhomme" 4 spectacles interactifs contant le corps. "Raconter le corps" au sens le plus large du terme, en faisant appel au pluri-sensoriel : les doudous "racontent une histoire de couleurs" et dansent au rythme du violon entre mes mains jongleuses, puis on les fait respirer : hum ! ils sentent la vanille (le jaune) la fraise (le rose) et la lavande (le bleu) et toucher et on s’amuse à coller des mots aux sensations : c’est doux comme... Du coton, c’est bleu comme... le ciel etc etc... Pourquoi vouloir absolument séparer les mots de la réalité, sous prétexte de vouloir développer l’imaginaire des auditeurs ? Il faut bien que l’imaginaire se nourrisse de quelque chose ! Bref, n’en déplaise aux partisans du conte "pur et dur". Il faut bien que les mots renvoient à une réalité sensorielle avant qu’ils ne déclenchent l’imaginaire. Des séances d’une heure au total, avec des temps d’interactivité intégrés, et ce n’était pas trop long ! Une trentaine de personnels de la petite enfance peuvent en témoigner. Nous avons "sévi" dans 6 structures différentes pour un total de 32 représentations avec à chaque fois le même bonheur, même si les réactions n’étaient jamais les mêmes ! A chaque fois le même constat : c’est du spectacle parce que il y a à voir, entendre, toucher, respirer, dans la poésie des mots, des formes et des sons, mais c’est aussi un temps d’action : peindre une "mazurka des petits doigts", danser au rythme d’une comptine sur les "Chaussettes", battre la mesure d’une "comptine de la Grenadine" et 1001 autres bonheurs de s’exercer à vivre ! Les petits ont écouté du Vivaldi et du Mozart, des airs traditionnels de polka ou de musique tzigane, ils ont entendu des chants en vietnamien, bolivien, congolais, ils ont ri au nez du clown, essayé des chaussettes de couleur, frappé leur poitrine sur le rythme du cœur et 1001 autres aventures. Quand on les a questionnés sur ce qu’ils avaient vécu, ils ont tous répondu : "c’est 2 dames qui racontent plein d’histoires..." Merci pour cette belle expérience à toutes ces professionnelles de la petite enfance qui gardent au cœur tellement de fraîcheur !

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Destination Japon

Jeudi 25 Août 2005

Printemps 2004 : A Villefranche (Rhône) à l’occasion d’une expo Japon. "La Yama Ouba" contes facétieux des provinces nipponnes, un conte rempli d’onomatopées en japonais, puis "Le vol de la grue" suivi d’un atelier d’origamis (qui s’est déroulé sur la scène). Expos de calligraphies, de mangas, d’origamis et pour finir un buffet japonais sushis et thés verts à l’honneur... Me suis fait calligraphier le verbe "raconter" en Japonais. Printemps 2005 : à la médiathèque de Voiron (Isère) une séance : "Le vol de la grue" suivi d’un atelier d’origamis. Une séance "Paroles de thé" qui s’est terminé sur une dégustation de thés japonais. Eté 2005 : au musée Guimet de Lyon, à l’occasion de l’expo "Destination Japon, sur les pas de Claudel et Guimet" 2 séances "Ikebana" Contes de fleurs et une séance "La Yama Ouba" contes facétieux du nord du Japon.

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La Réunion

Vendredi 10 Octobre 2003

Le festival « Farandole des contes » organisé par Mari-Jo du Centre de loisirs « la Chouette » de Joinville à St Denis de la Réunion. Un séjour en compagnie de 2 conteurs guadeloupéens, un conteur martiniquais, Bruno de la Salle, pour l’hexagone, et moi-même en tant que conteuse d’Asie. Une semaine folle, à parcourir l’île dans tous les sens, du Nord au sud, de l’est à l’ouest. Beaucoup d’écoles, où d’adorables bouilles de toutes les couleurs vous regardent avec de grands yeux attentifs. Bien sûr j’ai conté des contes du Vietnam, quelques contes de Chine. Mais les histoires de dragon, ça intéresse tout le monde. Des bibliothèques (dont celle de St Pierre, avec Bruno de la Salle), beaucoup de communautés asiatiques, et souvenir marquant : la prison de femmes de St Denis de la Réunion si vétuste et carcérale au beau milieu de la ville ! Un échange intense avec des femmes mélangées : droit commun et criminelles. J’ai raconté entre autres le magnifique conte de l’ethnie chame « Le bambou qui monte jusqu’au ciel » qui est une histoire de femme et d’exil, de déchirement sublimé... Pour la fête du « double 10 » une soirée de Contes d’Asie et pour finir avant le départ un mélange des conteurs pour une soirée aussi colorée et métissée que l’île...!

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Festival des Arts et Culture du Métissages en Martinique

Vendredi 18 Juillet 2003

Métis’Arts, Festival des "Arts et cultures du métissage" organisé par le Centre culturel des Caraïbes à Ste Marie (domaine de Fonds St Jacques) en Martinique (l’île des fleurs) : une expérience magnifique ! Des rencontres extraordinaires pendant le festival : Dédé St Prix et Les frères Dodo d’Haïti d’authentiques troubadours de l’île, colportant toute une littérature orale chantée au rythme du manouba, Alfred Varasse, talentueux percussionniste, spécialiste de "Kongo Djiné", l’une des pulsions africaines intégrée dans les structures rythmiques martiniquaises, l’écrivain Patrick Chamoiseau, et bien sûr Yvette Galot-Eglantine, la jeune organisatrice de cette exceptionnelle rencontre. Au cœur de cet échange : la conférence sur le thème du "Métissage" entre écrivains, sociologues, anthropologues, philosophes, artistes de la Martinique, de Guadeloupe, auquel a participé par visio conférence le Brésil. Un seul regret : l’absence involontaire de Serge Tamas (pourtant en Guadeloupe en cette période mais injoignable même par radio !). Il faut dire à sa décharge que les dates du festival ont changé plusieurs fois jusqu’à la dernière minute et que moi-même j’ai pris l’avion à moins une...! Une compensation : c’est Alfred Varasse qui l’a remplacé dans le conte "Métisse-moi un monde" dans une impro contée/chantée avec la présence de sa jeune compagne indienne au chant. Le résultat fut je crois magnifique... Pour ma part, je garderai toujours avec beaucoup d’émotion le souvenir du moment où, l’enfant du conte s’endormant, une berceuse en créole venue du fond de sa mémoire lui est revenue aux lèvres doucement fredonnée... qu’il avait jusque là oubliée... Je remercie de tout coeur Yvette Galot-Eglantine qui est une femme de coeur et d’esprit de m’avoir fait l’immense honneur de participer à cet événement dont le thème me concerne de si près, même si j’ai vécu l’expérience d’un autre métissage. Car, et ce fut la conclusion de l’échange avec le Brésil, il ne faut pas parler du métissage mais des métissages...

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